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Louvre-tout

Le Coin du Ronchon
La Nation n° 2291 31 octobre 2025

Des personnes se plaignent qu’on ne trouve pas assez de sujets culturels sur les réseaux sociaux. Depuis le 19 octobre dernier, ce n’est plus tout-à-fait vrai. A la suite du cambriolage perpétré au Musée du Louvre, à Paris, où quatre voleurs sont montés à l’étage à l’aide d’une nacelle de chantier, ont scié les fenêtres, puis les vitrines, et sont repartis par le même chemin en emportant des bijoux rares, on ne compte plus les plaisanteries sur le sujet – précisément sur les réseaux sociaux. Rarement un fait divers n’a donné lieu à autant de détournements, de satires, de mèmes (comme on dit aujourd’hui). L’intelligence artificielle aidant, on a vu des séquences vidéo montrant le président de la République courir dans la rue, affublé des bijoux volés. Ou la même scène avec divers ministres, ou d’autres personnalités – y compris le président russe poursuivant le président ukrainien. Ou avec une marmotte alémanique hilare déclarant que les souvenirs de Paris étaient méga-toll. On a aussi vu le fabricant de la nacelle de chantier récupérer l’événement pour vanter la qualité de son matériel. Puis des moqueries sur les systèmes de sécurité du musée, sur ses gardiens. Puis de fausses annonces cherchant à revendre le butin. etc., etc., etc. Cherchez #louvre sur Youtube, vous y trouverez de vrais petits… bijoux, où la créativité des plaisantins rivalise avec celle des cambrioleurs eux-mêmes. Et pour couronner le tout, des sociologues se sont doctement penchés (sans aucun humour) sur la signification du rire face à un tel événement. (Nous autres Suisses, nous le savons: rire, c’est bon pour la santé!)

A quelque chose malheur est bon, dit-on. Hier encore, des milliers de jeunes gens ignoraient tout du Musée du Louvre; aujourd’hui, ils situent au moins de quoi il s’agit. Les dirigeants du musée vont pouvoir se frotter les mains, avec un nombre de visiteurs qui promet de grimper en flèche au cours de ces prochains mois. Enfin, il n’est pas exclu que cette affaire redonne quelque aura aux métiers manuels, qui en l’occurrence ont nettement pris l’avantage sur les professions intellectuelles.

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