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Antitout

Jean-François Cavin
La Nation n° 2307 12 juin 2026

Nous n’attendons pas grand-chose, sauf énorme surprise, de la rencontre des dirigeants du G7 à Evian. Ce raout causera plus d’ennuis aux riverains du Léman qu’il n’apportera d’améliorations à l’état du monde. Souhaitons au moins le beau temps à ces éminents vacanciers.

Mais la probable inutilité de ce sommet ne justifie pas les manifestations annoncées de contestataires de tous poils. Que dénoncent-ils, d’ailleurs? Une double page d’interviews de certains animateurs du «contre-sommet», dans 24 heures du 29 mai, nous propose une avalanche de motifs de révolte; il vaut la peine d’en citer quelques passages. Un programme de discussion a été élaboré; il comprend quatre axes: anti-impérialisme et antiracisme; féminisme et mouvement queer; anticapitalisme et écologie; antifascisme. Ceux qui jugeraient ce programme hétéroclite se voient répondre: L’ordre international conjugue divers systèmes d’oppression qu’il faut expliquer et démonter pour les comprendre. Mais le combat pour le féminisme va-t-il vraiment de pair avec la condamnation de l’impérialisme? Le G7 produit les mêmes mécanismes de pouvoir que ceux qui stigmatisent les femmes, mais aussi les personnes racisées, invalides, queer ou trans. Il y a convergence des luttes.

Et le risque de débordements violents nous vaut cette perle d’hypocrisie: S’adresser à des individus qui commettent des violences sur des objets n’est pas notre priorité. Ce qui nous intéresse, ce sont les politiques globales. Chacun choisit sa méthode pour réagir à la violence dominante qui vient du capital.

Quel monde veulent-ils, au fait? Communiste, anarchiste, woke? Ça n’a pas d’importance. L’essentiel est de casser le système, et peut-être quelques vitrines.

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